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Glossaire CBD & chanvre

Le cannabigérol (CBG) : la molécule mère du chanvre

Par Maëlys Rocheteau2 min de lecture
Jeune plant de chanvre relié à des structures moléculaires, illustration du CBG
Sommaire4

Le CBG est régulièrement présenté comme « le nouveau CBD ». La formule est commerciale ; la réalité biologique est plus intéressante : le CBG n'est pas un successeur du CBD, c'en est le point de départ.

Le précurseur de tous les autres

Dans la plante, tout commence par une molécule acide : le CBGA, l'acide cannabigérolique.

Au fil de la croissance, des enzymes spécifiques convertissent ce CBGA en formes acides des autres cannabinoïdes :

  • CBGA → THCA (qui donnera le THC après décarboxylation)
  • CBGA → CBDA (qui donnera le CBD)
  • CBGA → CBCA (qui donnera le CBC)

Ce qui n'a pas été converti reste sous forme de CBGA, puis devient du CBG. C'est ce reliquat que l'on récolte — et il est mince. Dans une plante arrivée à maturité, la teneur en CBG dépasse rarement 1 %.

D'où la double stratégie du secteur : récolter tôt, avant que la conversion soit achevée, ou cultiver des variétés sélectionnées pour bloquer partiellement la conversion. Les deux ont un coût, qui se retrouve sur le prix.

CBG et CBD : ce qui les distingue

Les deux molécules sont non psychotropes et légales. Elles ne se comportent cependant pas de la même façon.

Le CBD agit surtout de manière indirecte, en modulant le système sans se fixer franchement sur CB1 et CB2. Le CBG, d'après les travaux disponibles, présente une affinité plus directe pour les deux récepteurs, ainsi qu'une activité décrite sur les récepteurs adrénergiques alpha-2 et sur certains récepteurs sérotoninergiques.

Faut-il en conclure qu'il est « plus efficace » ? Non — et c'est le point à retenir : le CBG est nettement moins étudié que le CBD. Les recherches existantes sont majoritairement précliniques, c'est-à-dire menées en laboratoire ou sur l'animal. Les essais cliniques chez l'humain sont rares.

Comme pour le CBD, la réglementation française et européenne interdit toute allégation thérapeutique sur ces produits. Un vendeur qui attribue au CBG un effet sur une pathologie précise vous vend un argument, pas une information.

Sous quelles formes on le trouve

  • Huiles, souvent en association CBD + CBG plutôt qu'en CBG seul, pour des raisons de coût.
  • Fleurs de variétés riches en CBG, à l'arôme généralement plus discret et plus herbacé.
  • Isolats, en poudre cristalline.

Un conseil de lecture d'étiquette : une huile annoncée « au CBG » peut n'en contenir qu'une fraction marginale à côté du CBD. Seule la répartition chiffrée en milligrammes, et non la mention marketing, permet de savoir ce que vous achetez.

Ce qu'il faut en retenir

Le CBG est une molécule légitime, légale, et probablement intéressante. Elle est aussi survendue : son statut de « précurseur » en fait un excellent argument narratif, largement exploité pour justifier un prix supérieur sur des produits dont la teneur réelle est parfois anecdotique.

Vérifiez les milligrammes, pas les adjectifs.


Pour aller plus loin : C'est quoi, les cannabinoïdes ? · Le CBN, le cannabinoïde du temps qui passe · Comment fonctionne le CBD

Questions fréquentes

Le CBG est-il légal en France ?
Oui. Le CBG n'est pas classé stupéfiant et n'est pas psychotrope. Comme pour tout produit du chanvre, c'est la teneur en THC du produit fini — 0,30 % maximum — qui détermine sa licéité.
Le CBG fait-il planer ?
Non. Il n'active pas le récepteur CB1 comme le fait le THC.
Pourquoi le CBG est-il plus cher que le CBD ?
Parce qu'il en reste très peu à maturité : la plante le convertit en d'autres cannabinoïdes au cours de sa croissance. Pour en obtenir, il faut soit récolter précocement, soit cultiver des variétés spécifiquement sélectionnées — dans les deux cas, le rendement est faible.